YES, WE CAN… LIE
Par lauteur • 6 mar, 2010 • Catégorie: En vrac et en couleurs, Mémoire •
Encore une fois, il aura suffit qu’Ankara éternue pour que Barack Obama s’enrhume… ou plutôt devienne amnésique.
Hier je me réjouissais du vote par la commission des Affaires étrangères du Congrès américain qui appellait solennellement le président des Etats-Unis à reconnaître le génocide arménien perpétré par les Turcs en 1915.
Aujourd’hui, Hillary Clinton s’empresse de déclarer que l’administration américaine allait « travailler très dur » pour bloquer le vote au Congrès d’une résolution qualifiant de « génocide » les massacres d’Arméniens sous l’Empire ottoman.
Le 44ème président des Etats-Unis a la mémoire courte. Voici, en effet, ce que M. Obama déclarait exactement sur son site Web de campagne en janvier 2008. «Le génocide arménien n’est pas une allégation, une opinion personnelle, ou un point de vue, mais plutôt un fait largement documenté soutenu par une évidence historique incontournable. L’Amérique mérite un dirigeant qui s’exprime avec sincérité au sujet du génocide arménien et réponde avec force à tous les génocides. J’ai l’intention d’être ce président.»
Mieux encore : au début de novembre 2008, à quelques jours seulement de l’élection, Obama réaffirmait sa promesse de reconnaitre le génocide des Arméniens par une déclaration intitulée : « Barack Obama : soutien des relations Arméno-Américaines » adressée à Areen Ibranossian la présidente de la campagne « les Arméniens pour Obama ».
Il y était affirmé que « le génocide des Arméniens mené par l’Empire ottoman de 1915 à 1923 a conduit à la déportation de près de 2 millions d’Arméniens et environ 1,5 millions d’entre eux sont morts. Barack Obama considère que nous devons reconnaître cette réalité tragique et soutenir les relations USA-Arménie qui promeuvent notre sécurité commune et renforcent la démocratie arménienne ».
La déclaration continuait en notant que « Barack Obama soutient fermement l’adoption de la résolution sur le génocide des Arméniens (H.Res.106 and S.Res.106) et qu’il reconnaitra le génocide des Arméniens. »
Nous avons l’habitude en France, de « ces promesses qui n’engagent que ceux qui les croient ». Pourtant, ce déni, venant d’un président américain qui a fait campagne sur des valeurs d’honnêté et de justice a réellement de quoi décevoir. La « realpolitik » et les enjeux géo-stratégiques ont bon dos dans cette affaire.
Barack Obama peut désormais faire sienne cette devise de Marcel Achard « Je n’ai qu’une parole, mais je n’ai pas de mémoire. »
J’en suis très triste.



