Hors âge, Ô désespoir…
Par lauteur • 30 août, 2007 • Catégorie: En vrac et en couleurs •Décidément je ne m’en lasse pas ! A chaque jour son lot de sarkozinite aiguë contre laquelle, hélas, il n’y pas d’indication thérapeutique avant cinq bonnes années…au moins. Les commanditaires de Nicolas 007 l’ont investi de deux missions. La première, faire baisser l’impôt des plus que riches, c’est fait. La deuxième, nous imposer de force l’Europe néo-libérale que la consultation démocratique avait rejetée massivement, c’est en cours. Il va avoir beau jeu de dire, c’était dans mon programme. Oui mais voilà, c’est comme un abonnement à un bouquet de chaînes tv. Les électeurs ont été obligés de prendre le package. Pour avoir les chaînes cinéma, il faut aussi payer pour les chaînes du foot.
A propos de foutbal, l’épisode Guy Roux vaut son pesant de pépites. Voilà un gentil retraité d’entraîneur qui sous le coup de la nostalgie, et sans doute aussi, pour quelque complément à sa pension vieillesse, a voulu reprendre du service. Que nenni lui répliqua la commission juridique de la Ligue de football . Trop vieux, faut relire la doc. Trop vieux ? David Martinon, porte-parole de l’Elysée, s’empresse de déclamer : « Nicolas Sarkozy considère que c’est plus la règle qui est vieille que Guy Roux ». Et Notre Dame de Lagarde et de l’Economie de surenchérir : «il faut réfléchir à la suppression des limites d’âge à l’emploi. ». Avec de tels supporters, les instances footbalesques n’eurent d’autre alternative que d’accepter la reprise d’activité du papi qui faisait de la résistance. Résultat : cinq matchs et un été pourri plus tard, notre Don Diègue du ballon rond est pris à soupirer du banc de touche : « ô rage, ô désespoir, ô vieillesse ennemie » et à déclarer lamentablement forfait.
On aurait pu penser que cet exercice appliqué de science naturelle sur la vieillitude allait servir de leçon. Et bien non ! Hier, lors de l’université d’été du Medef sur le campus d’HEC, Laurence Parisot a invité le gouvernement à augmenter l’âge de départ à la retraite. Lorsqu’on sait que les entreprises n’embauchent que très rarement des salariés au dessus de 45 ans et pratiquement jamais en CDI, on atteint les sommets du cynisme. De là à ce que le « travailler plus, pour gagner plus » de Sarkosy se transforme en « travailler plus pour payer plus » de notre petite mère des patrons, il n’y a pas loin.
Reste qu’avec les augmentations de prix en cours, la tva à 25% en préparation et autres douceurs à venir, l’homo ereintus non speculatorum va se retrouver in fine à « travailler plus pour gagner moins ». Mais quelle importance ? Tout le monde sait bien que « l’argent ne fait pas le bonheur des pauvres»!


