Rapports secrets
Par lauteur • 11 avr, 2008 • Catégorie: En vrac et en couleurs •
Quel rapport peut-il exister entre l’acquisition par les compagnies pétrolières américaines des droits pour plus de 75 % de la production de nouveaux champs pétroliers découverts au Kazakhstan et au Turkménistan au milieu des années 90, le pique-nique estival de Nicolas Sarkosy à Bush Corral en 2007 et la récente décision de renforcer notre présence militaire en Afghanistan ?
Pourquoi pas un oléoduc ?
Le pétrole de l’Asie Centrale a toujours été présenté par l’administration américaine comme une alternative à celui du Golfe Persique, région jugée instable politiquement. Or, la principale difficulté pour exploiter les richesses énergétiques de l’Asie centrale est de faire parvenir le pétrole et le gaz de que l’on trouve dans cette région encaissée, sur le marché mondial. Les américains ne voulant pas utiliser les oléoducs russes, cela a débouché sur l’étude de différents tracés possible d’oléoducs (vers l’ouest au travers de l’Azerbaïdjan, de la Géorgie et de la Turquie jusqu’en Méditerranée; vers l’est en passant par le Kazakhstan et la Chine jusqu’au Pacifique, et vers le sud depuis le Turkménistan en passant par l’ouest de l’Afghanistan et du Pakistan jusqu’à l’océan Indien).
Celui qui a finalement été choisi par la société pétrolière américaine Unocal est celui qui passe par l’Afghanistan. Les intenses négociations des américains avec les talibans sur ce projet se sont brusquement interrompues en 1998, à la suite des attentats contre les ambassades des États-Unis au Kenya et en Tanzanie et pour lesquels Oussama ben Laden est tenu responsable.
Il y a eu les attentats du 11 septembre 2001 suivis d’une opération militaire complexe conduite par les américains en Afghanistan et ficelée en moins de 3 semaines. Question : cette opération militaire n’était-elle pas déjà préparée depuis longtemps et les attentats du 11 septembre, le prétexte attendu pour la conduire ? Il est vraisemblable que l’administration américaine s’attendait à des attentats mais pas à l’ampleur de ceux-ci. C’est une hypothèse. A lire l’ouvrage écrit par Jean-Charles Brisard (ancien membre des services secret français et ancien directeur stratégique de Vivendi) et Guillaume Dasquié (journaliste d’investigation) « Ben Laden la vérité interdite » qui décrypte les rapports secrets entretenus entre l’administration Bush et les talibans.
Depuis, toujours en prenant prétexte du terrorisme et d’armes de destruction massive, les Etats Unis et leurs alliés ont investi l’Irak et ses champs pétrolifères avec le succès que l’on connaît.
A l’enlisement militaire en Irak et en Afghanistan s’ajoute une crise pétrolière mondiale qui rend plus que jamais urgente la mise en service de l’oléoduc afghan.
Face aux coûts colossaux de leur engagement militaire, les Etats-Unis ont besoin d’aide et c’est cette aide que leur offre Nicolas Sarkosy, non seulement en Afghanistan mais vraisemblablement bientôt en Irak. En effet, si l’on rapproche le projet sarkosien de réintégrer la France dans le commandement de l’OTAN et les déclarations de Bernard Kouchner lors de sa visite à Bagdad en Août 2007 visant à impliquer les effectifs de l’ONU en Irak, il n’y a pas loin de voir nos militaires dans la patrie de feu Saddam Hussein.
Pour quels bénéfices pour la France ? Une part du gâteau pétrolier pour Total ?


