Que d’émotions !
Par Roger • 27 oct, 2008 • Catégorie: Parti pris •Nous connaissons tous la chanson. A la claire fontaine, entre Bastille et Nation, il y a, paraît-il, un rossignol qui chante avec le cœur gai. Il y a là aussi un dépressif, venu d’on ne sait d’où, qui entre deux Prozac, affirme qu’« il y a longtemps que je t’aime… » . C’est tout moi ça ! Me balader sous les platanes au risque de recevoir une fiente d’oiseau sur mon crâne lisse et bronzé tout en fredonnant, mine de rien, un air mélancolique et vengeur. Au fond c’est vrai qu’il y a longtemps que je l’aime Marie-Ségolène ! Enfin, c’est pas un vrai amour. Juste une affinité du genre de Balthazar avec l’étoile du Berger. Trois ans déjà. J’ai même entrepris de me positionner sur l’échiquier politique mondial entre la rue de Belleville et le cours de Vincennes. Rien que pour elle ! Faut dire que dans le temps présent, parmi les icelles et les iceux qui veulent rendre le monde plus joli et le parti socialiste plus habitable, ils ne sont pas foule à susciter des feux d’artifice dans mes barrettes mémoire. Bref, dans mon âme d’enfant comme dans mes cartons de futur retraité du secteur concurrentiel non régulé, the winner is Ségo. Incontestablement.
Mais attention. Faudrait pas croire à cet instant du récit, que je me laisse emporter par quelque enthousiasme irrationnel, propre aux joueurs de pétanque ayant égaré le cochonnet. Que nenni! Bien sûr, qui n’a pas visité un jour le regard bleu de la dame de Melle, ne comprendra jamais le vertige éprouvé par le Coenonympha dorus, autrement appelé le Fadet des garrigues, lorsqu’il papillonne nonchalamment au dessus d’un grand champ de lavande. Ce n’est pas rien. Ce n’est pas l’essentiel non plus. Avant tout, la présentement présidente de la région Poitou-Charente, porte un projet politique construit, moderne, réaliste, aux avants postes du progrès et de la justice sociale. D’autres portent des talonnettes, mais c’est totalement hors sujet.
A l’heure où la Pravda Lagardero-Bouyguesque nous rappelle d’un ton badin que rien n’est jamais acquis à l’homme, ni sa force, ni sa faiblesse, ni ses actions Lehman-Brothers, j’entends les derniers moines-soldats du parti de Jaurès s’écrier, à l’instar d’un commentateur de football, « que des motions, que des motions ! » . Et je les sens tout chose. « Devine, si tu peux, et choisis, si tu l’oses. » se serait alors exclamé mon pote Corneille à la Mutualité ! Entre l‘ingratitude des uns et l’opportunisme des autres, faut dire que la fidélité en politique ressemble, à s’y méprendre, à celle de ces femmes que chantent les marins dans le port d’Amsterdam en se mouchant dans les étoiles.
Résumons-nous. D’abord il y a l’aîné, qui se prend pour le roi, qu’aurait bien voulu marier la Martine mais vu qu’elle a fait chambre à part, qu’est reparti au bistrot avec ses copains de régiment faire une belote. Ensuite il y a la Martine précitée qui ne veut pas partager la galette frangipane. Des fois qu’un autre trouverait la fève et lui piquerait la couronne. Et puis il y a Benoît qui voudrait avoir l’air de n’être pas benoît. Et puis il y a les autres, ceux qui ne disent rien ou bien n’importe quoi. Et puis, et puis il y a Ségo qu’est belle comme un soleil et que j’aime pareil qu’un jour de Charletty. Même qu’on se dit souvent qu’on fera un parti avec des tas de fenêtres et presque pas de murs. Et qu’on travaillera dedans. Et qu’il fera bon y être. Et qui si c’est pas sûr ce serait quand même plus mieux.
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