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Nous sommes toujours libres

Par Roger • 1 nov, 2008 • Catégorie: Parti pris

Aux côtés de Ségolène Royal, le 28 juin 2008A l’instar de Richard Bach, l’auteur de Jonathan Livingston le goéland, « nous sommes toujours libres de changer d’idée et de choisir un avenir différent, ou un passé différent. » En apportant mon soutien à la motion Collomb-Royal, je ne veux rien renier. Ni cette espérance si forte dans ce qui fût le Pacte Présidentiel, ni cet appétit de voir enfin éclore un parti socialiste en harmonie tant avec son histoire qu’avec les défis du  temps présent.

Pour moi, l’enjeu du prochain congrès se résume à ceci :  renaître ou disparaître. Le temps n’est plus des pesants discours idéologiques où le vocabulaire étriqué d’une gauche archaïsante le dispute aux postures de savants compromis d’appareil. Il faut briser les tabous. Tous les tabous. Y compris ceux de la main tendue à ces électeurs, timides parfois, qui ne se résolvent pas à voir se dissoudre dans la soupe d’un libéralisme forcené, l’idée du progrès social. Ce n’est qu’en rassemblant autour d’un vrai programme de gauche, fédérateur autour de nos valeurs essentielles d’humanisme, de justice sociale et de libertés publiques, que peut se construire, pour demain, une authentique alternative de gouvernance.
 
Nous le voyons bien. Pas un jour ne se passe sans qu’un coin ne soit enfoncé dans la charpente des protections les plus élémentaires du faible contre le fort. L’égoïsme au pouvoir n’a de cesse que de détruire, jour après jour, les solidarités, les acquis sociaux et le droit du travail qui rendaient supportable aux plus humbles, l’arrogance affichée des plus nantis. Ne nous y trompons pas. Le libéralisme non régulé, n’a pas de morale comme la cupidité des spéculateurs n’a pas de limite. Comme le rappelait Ségolène Royal, voilà quelques mois, « Nous croyons qu’entre la liberté d’entreprendre et la liberté d’écraser, il y a un espace assez vaste où chacun puisse être debout et en mouvement. »
L’ordre juste, invoqué comme exigence pendant la dernière campagne présidentielle, n’est pas, pour moi, une formule creuse. Il s’agit de bâtir des rapports sociaux harmonieux, où chacun prends sa part de richesse et sa part de devoir.

Le monde a changé. L’échelle à laquelle nous devons porter notre idéal de fraternité est non seulement celle de l’Europe mais aussi, et surtout, celle de la planète toute entière. Pour que notre message, pour que notre démarche soient audibles du plus grand nombre, il nous faut  nous unir autour d’idées neuves, de pratiques irréprochables et de convictions sincères. Enfant du siècle des lumières dont il porte les plus intransigeantes valeurs des Droits de l’Homme, le parti socialiste ne peut se permettre de manquer ce rendez-vous avec lui-même et avec l’Histoire. Je dirai même plus, il n’en a pas le droit.

 

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