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Mauvaises actions

Par Roger • 3 oct, 2007 • Catégorie: En vrac et en couleur

Cours de la bourseIl y a peu, le Premier Ministre prononçait le mot faillite à propos de notre pays. Faillite financière ou faillite morale ? A lire l’actualité, il semble, hélas, que la deuxième soit plus certaine que la première. La controverse sur les tests d’ADN, a démontré, si besoin encore était, combien est difficile pour certains élus de droite de faire coïncider leur sens de l’éthique avec les promesses électorales de leur candidat à l’élection présidentielle. En lecteur avisé et probablement assidu de Machiavel, Nicolas Sarkosy n’a pas manqué de faire siens les conseils prodigués dans « le Prince » par le Florentin. Quelques morceaux choisis:

 «Ainsi, tous ceux qui, étant nouvellement élevés à la souveraine puissance, jugeront qu’ils doivent, dans ces commencements, s’assurer de leurs ennemis, se faire des amis, vaincre par adresse ou par force, se faire aimer et craindre des peuples, respecter et estimer des soldats, se défaire de ceux qui peuvent et doivent leur nuire, réformer les lois anciennes, être sévère et aimable, magnanime et libéral, détruire les troupes infidèles, en mettre sur pied de nouvelles, se gouverner, enfin, avec les Rois et les Princes, de manière qu’ils soient obligés de vous rendre service de bonne grâce, ou de vous être contraires avec retenue.»
et encore :
«Ce qui oblige encore un Prince à ménager le peuple, c’est qu’il doit vivre toujours avec le même peuple, tandis qu’il peut se passer des mêmes grands qu’il peut faire et défaire, ruiner et accréditer autant qu’il lui plaira. Mais pour faire mieux comprendre cette maxime, je dis qu’il faut diviser les grands en deux espèces: ceux qui s’attacheront entièrement à votre Fortune, et ceux qui n’en voudront point dépendre. Pour les premiers, vous devez les honorer et les chérir, pourvu qu’ils ne soient point trop avides ni intéressés. La seconde classe doit être encore subdivisée en deux. Les premiers sont ceux qui ne s’attachent point à vous parce qu’ils sont timides et peu entreprenants: il faut vous servir de ceux-là, particulièrement s’ils sont capables de donner de bons conseils, car ils vous feront honneur dans la prospérité, et dans les troubles vous n’aurez rien à craindre de leur part. Mais les seconds, ceux qui s’éloignent de vous par un dessein formé et par un principe d’ambition, vous devez les regarder comme des ennemis déclarés, étant certain qu’ils pensent bien plus à leurs intérêts qu’aux vôtres, et qu’ils profiteront de l’occasion pour ruiner vos affaires.»
et enfin sans oublier :
«Que le Prince doit toujours se décharger sur les autres de ce qui peut lui faire des ennemis, mais se réserver la disposition des grâces.»

Troublant, non ? Umpistes et judas carriéristes de tous bords vous voilà prévenus !

Dans cette série florentine « un adversaire, tu le corromps ou tu le compromets », le scandale politico-financier des délits d’initiés d’EADS révélé en grand fracas par le Figaro d’aujourd’hui, ne dépareille pas. On voudrait neutraliser définitivement les anciens ministres chiraquiens qui renâclent sous la bride sarkosienne, qu’on ne s’y prendrait pas autrement. A moins que cela ne soit le contraire.

Gagner, le temps d’écrire une ligne comptable, l’équivalent de plusieurs siècles de SMIC, a toujours eu quelque chose de révoltant. Surtout que la contrepartie de cet enrichissement purement spéculatif, la monnaie n’étant pas virtuelle, est au bout de compte constituée par les richesses produites par le travail du plus grand nombre. Cette indécence boursicotière se traduit fatalement par l’aggravation des injustices sociales parce que la plus grande partie du fruit légitime du travail de tous est confisquée au seul bénéfice d’une minorité improductive.

Jean Paul Sartres écrivit un jour : « un homme, ce n’est que la somme de ses actions ». Le chantre de l’existentialisme, était loin de se douter que le capitalisme du 21ème siècle en ferait sa devise. 

  

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