L’Europe et la Turquie

Par lauteur • 6 mai, 2009 • Catégorie: En vrac et en couleurs

Turquie-Europe-pNicolas Sarkozy, à l’occasion du lancement de la campagne pour les élections européennes, s’est prononcé clairement contre l’entrée de la Turquie dans l’U.E.

Au delà des positions partisanes, il faut bien constater que cette adhésion ne serait pas sans conséquences, ni sur le porte-monnaie des états déjà membres, ni, et surtout, sur l’avènement d’une Europe politique.

Examinons objectivement les enjeux:

L’ADHESION DE LA TURQUIE COUTERA-T-ELLE CHER ?

L’étude publiée en octobre 2004 par la Commission européenne chiffre son coût net annuel entre 16,5 et 27,5 milliards d’euros en 2025, soit entre 0,1% et 0,17% du produit intérieur brut communautaire. Pour Franz Fischler, l’ancien commissaire à l’Agriculture  opposé aux aspirations d’Ankara, l’intégration coûtera 11,3 milliards d’euros par an rien que pour l’agriculture. Les aides de l’UE au développement régional (fonds structurels) s’élèveront également à environ dix milliards d’euros par an.
A compter de 2020, après une période de transition, l’adhésion turque pourrait coûter jusqu’à 20 milliards d’euros par an, selon le Centre pour les études politiques européennes, soit l’équivalent de 4 euros par mois pour chaque ressortissant de l’Union.

LE POIDS POLITIQUE DE LA TURQUIE SERA-T-IL EXCESSIF ?

Lors de son entrée, la Turquie devrait être le pays peuplé de l’Union, avec environ 82 millions d’habitants. Sa population devrait ensuite se stabiliser à environ 95 millions à l’horizon 2050. Conséquence logique de l’application des institutions communautaires : la Turquie sera l’un des pays les plus représentés, sinon le mieux, puisque la future Constitution de l’UE stipule que les décisions du Conseil des ministres européens devront recueillir l’assentiment de 55% des Etats représentant 65% de la population. La Turquie aura donc une « voix importante » au niveau des décisions du Conseil. Il semble logique que des pays fondateurs comme la France ou l’Allemagne voient ainsi d’un mauvais œil l’arrivée d’un plus gros qu’eux. D’autant que l’alignement de la Turquie sur les positions géopolitiques des Etats-Unis n’est un secret pour personne. Dans ces conditions on peut comprendre tout l’intérêt du président américain à plaider pour cette adhésion qui signerait, à n’en pas douter, la fin de l’espoir de voir un jour émerger une Europe politique indépendante.

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