Dimanche…

Par lauteur • 16 juin, 2007 • Catégorie: En vrac et en couleurs

Dimanche pas une seule voix de gauche ne doit manquer à George. Je dis cela comme une évidence, pas comme une supplique. Au cours de cette campagne, George nous a démontré que la dignité et le courage en politique sont les seules légitimités audibles par les électeurs.

De la porte des Lilas jusqu’au cours de Vincennes, elle a su rassembler ce Paris populaire et pluriel qui ne s’est pas résigné à voir bleuir l’espérance étranglée le 6 mai. De son pas infatigable elle est allée à la rencontre de tous les doutes et de toutes les colères.  Attentive à chaque doléance, elle n’a rien promis de démagogique, George. Pas son genre. Mais elle a écouté, pris des notes, regardé droit dans les yeux  le désarroi des uns et l’agressivité, parfois, des autres. Pas si simple d’incarner un parti défait dans ces lendemains qui déchantent. Et pourtant… Miracle d’une inébranlable force de conviction ou simplement de la justesse du propos, George a su rallier à elle des suffrages jusque parmi les plus désabusés des électeurs. Je le sais, j’y étais.

A ceux qui, médiocrement, ont évoqué la couleur de ses origines en la qualifiant de candidate du communautarisme, elle a courageusement opposé la clarté d’un discours humaniste et rassembleur, et encore mieux, celle radieuse, de son incroyable sourire.  Car elle est comme ça aussi, George ! Face aux multiples embûches et pièges que d’aucuns ont semés sur sa route à la députation, elle ne s’est jamais départie ni de son humour, ni de son inaltérable optimisme. A la bêtise et à l’ostracisme, sa réponse fut toujours celle de l’intelligence, de l’intelligence la plus précieuse, celle du cœur.

George Pau-Langevin et Roger JédikianUn jour, que je lui rappelais qu’il y avait deux catégories de personnes qui faisaient de la politique, ceux qui s’aimaient eux-mêmes et ceux qui aimaient les autres, elle est partie d’un grand éclat de rire en me qualifiant de vieux sage. Inutile de préciser dans quelle catégorie je classe George. D’ailleurs je suis convaincu que parmi tous ceux qui vont la choisir dimanche, la plupart, par instinct, le savent déjà.

Lundi, je n’aurai qu’un regret. Celui de la voir moins souvent. A vrai dire, cela ne sera qu’un demi-regret car je sais que là-bas, sur les bancs du Palais Bourbon, une députée réinventera dans le temps présent cette incantation qu’Aimé Césaire écrivit dans Cahier d’un retour au pays natal : « Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n’ont point de bouche, ma voix, la liberté de celles qui s’affaissent au cachot du désespoir. »

Nous en serons fiers.

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