Coût de pompe
Par Roger • 23 oct, 2008 • Catégorie: En vrac et en couleur •Il y a des jours où l’approximatif mathématicien que je suis, réalise qu’il s’est privé d’une rare opportunité de comprendre ce siècle en ne révisant pas ses intégrales. Faut dire que dans la vie de tous les jours, les quatre opérations, à l’instar des quatre points cardinaux, suffisent généralement à me guider dans la steppe consumériste pour m’éviter le rouge de la honte chez mon banquier préféré.
Bref, jusqu’ici mon interprétation des prix, quoique rudimentaire, me laissait au moins l’illusion d’appréhender ce qui était cher et, ce qui était beaucoup plus rare, un juste prix. C’était avant. Avant le coup des carburants.
Plus ça baisse, moins c’est moins cher. J’aurai du me méfier. Moins par moins ça fait plus, gros nigaud ! Les ennemis de mes ennemis sont mes amis m’avait pourtant expliqué au siècle dernier, madame Denise la prof de math en tailleur gris et au nez retroussé. Sur le coup je n’avais pas mesuré l’impact de cette métaphore mnémotechnique sur le cours de ma vie. Aujourd’hui, près de quarante ans plus loin, j’ai eu enfin la révélation dans la station service de la Porte de Montreuil. Alors que, comme l’indique le graphique en couleur ci-dessous, le prix du baril de pétrole ne cesse de baisser depuis de longues semaines, les prix des carburants affichés ont eut tendance sinon à augmenter, à tout le moins de rester figés dans leur posture la plus haute. J’ai cru un moment à une négligence du pompiste ou à une panne du barillet de la pompe. J’ai même envisagé d’installer une webcam pour être prévenu en direct-live de la réconfortante baisse des prix que j’imaginais inévitable. Peine perdue ! Bloqué le prix du GPL à 79 cts. J’ai oublié de préciser que je roule au gaz de pétrole, vu que ça pollue moins et que ça coûte jusqu’ici moins cher que le sans plomb ou le diesel.
Il ne me reste plus qu’à guetter le passage du dentiste dans le poulailler de mon voisin Joachim le portugais, vu que c’est à peu près à la même date que le prix des carburants va baisser. Si, si !

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Le groupe pétrolier français Total a dégagé un bénéfice de 11 milliards d’euros sur les neuf premiers mois de l’année, en progression de 21% sur un an grâce à l’envolée des prix du pétrole, selon un communiqué. S’il termine l’année sur cette lancée, le groupe pourrait battre son record de 2006, de 12,58 milliards d’euros de bénéfice net, qui était le plus gros profit jamais enregistré par une entreprise française.
Le prix moyen du baril de Brent s’est élevé à 115,1 dollars en moyenne sur le troisième trimestre, soit 54% plus cher qu’à la même époque de 2007. Total a aussi profité de la fermeture de nombreuses raffineries américaines pendant la saison des ouragans dans le Golfe du Mexique. Le groupe pétrolier, qui compte l’immense majorité de ses raffineries en Europe de l’Ouest, a ainsi pu écouler ses produits à meilleur prix aux Etats-Unis. Total exporte notamment une grande partie de sa production d’essence vers les Etats-Unis.
Sur le seul troisième trimestre, le bénéfice net ajusté de Total (référence pour le groupe) a atteint 4,1 milliards d’euros, en hausse de 35% par rapport à l’an dernier. Le groupe ne donne pas de prévisions pour le quatrième trimestre, malgré la chute du prix du baril, tombé sous 59 dollars mardi à Londres, après un record à plus de 147 dollars début juillet.